Retour au briefing
Techsamedi 18 avril 2026·The Verge

Pénurie de RAM : pourquoi le manque de mémoire pourrait paralyser la tech jusqu'en 2030

Le marché mondial de la mémoire vive fait face à une crise structurelle profonde qui pourrait s'étendre sur la prochaine décennie. Alors que l'intelligence artificielle dévore les capacités de production, les consommateurs doivent s'attendre à une hausse durable des prix de leurs appareils électroniques.

Vers une crise de la mémoire sans précédent

Le secteur technologique s'apprête à traverser une période de turbulences prolongée. Selon une analyse de *Nikkei Asia*, l'écart entre l'offre et la demande de mémoire vive (DRAM) ne cesse de se creuser. Malgré les efforts des fournisseurs pour augmenter leur cadence, les prévisions indiquent que les fabricants ne pourront répondre qu'à 60 % de la demande mondiale d'ici la fin de l'année 2027. Plus alarmant encore, le président de SK Group a averti que cette pénurie pourrait ne se résorber qu'à l'horizon 2030.

Cette situation est le résultat d'un décalage flagrant entre les investissements et la réalité du marché. Pour stabiliser la situation, la production devrait croître de 12 % par an en 2026 et 2027. Or, selon *Counterpoint Research*, les plans actuels ne prévoient qu'une augmentation de 7,5 %.

L'ombre de l'intelligence artificielle

Si les géants du secteur comme Samsung, SK Hynix et Micron travaillent activement à l'ouverture de nouvelles usines de fabrication (ou « fabs »), ces infrastructures ne seront opérationnelles qu'en 2027, voire 2028. Seule une usine de SK Hynix à Cheongju est attendue pour 2026.

Cependant, l'émergence de ces nouveaux sites ne garantit pas un retour au calme pour le consommateur moyen. La quasi-totalité de ces nouvelles capacités sera dédiée à la production de mémoire à haute bande passante (HBM). Cette technologie, indispensable pour faire tourner les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, est bien plus lucrative pour les fondeurs que la DRAM classique utilisée dans nos ordinateurs personnels ou nos téléphones.

Des répercussions immédiates sur le portefeuille

La priorité donnée à l'IA crée un effet d'éviction pour l'électronique grand public. Faute de composants disponibles ou à cause de leur coût prohibitif, les prix des produits finis commencent déjà à s'envoler. Des leaders du marché comme Samsung pour ses gammes Galaxy ou Microsoft pour sa ligne Surface ont déjà ajusté leurs tarifs à la hausse.

Le secteur du gaming n'est pas épargné : Meta a récemment augmenté le prix de son casque Quest 3 de 100 dollars, invoquant directement le coût de la mémoire. De même, les fabricants de consoles portables de niche sont contraints de revoir leurs étiquettes pour ne pas vendre à perte. Cette « taxe RAM » semble désormais s'installer pour durer, transformant un composant autrefois banal en véritable levier d'inflation technologique.

Points clés à retenir

  • Seulement 60 % de la demande mondiale en RAM sera satisfaite d'ici fin 2027.
  • La pénurie pourrait se prolonger jusqu'en 2030 selon le président de SK Group.
  • Samsung, SK Hynix et Micron privilégient la mémoire HBM pour l'IA, plus rentable.
  • De nombreux produits (Galaxy, Surface, Quest 3) voient déjà leurs prix augmenter.