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IAvendredi 17 avril 2026·TechCrunch

OpenAI abandonne ses « quêtes secondaires » : départs clés et fin des projets Sora et Science

OpenAI amorce un virage stratégique majeur en se séparant de Kevin Weil et Bill Peebles, deux figures clés de ses projets les plus audacieux. Ce remaniement marque la fin des « side quests » comme Sora et OpenAI for Science, au profit d'une concentration totale sur l'IA d'entreprise et sa future « super-app ».

Le virage pragmatique de Sam Altman

L'heure n'est plus aux expérimentations coûteuses chez OpenAI. Kevin Weil, qui dirigeait l'initiative OpenAI for Science, et Bill Peebles, l'un des cerveaux derrière l'ambitieux projet de génération vidéo Sora, ont annoncé leur départ quasi simultanément. Ces démissions ne sont pas de simples changements de RH ; elles symbolisent la fin d'une époque pour la startup de San Francisco, celle des « moonshots » grand public et de la recherche exploratoire débridée.

Sous la pression des coûts de calcul et des attentes de rentabilité, l'entreprise a choisi de fermer ou de réorganiser ses projets périphériques, souvent qualifiés en interne de « side quests » (quêtes secondaires). L'objectif est désormais limpide : se concentrer sur l'IA d'entreprise et le développement d'une « super-app » capable de centraliser tous les besoins de productivité des utilisateurs.

Le coût exorbitant de l'innovation vidéo

Le cas de Sora est sans doute le plus frappant. Présenté initialement comme une révolution technologique, l'outil de création vidéo aurait coûté environ un million de dollars par jour en ressources de calcul. Face à cette hémorragie financière, OpenAI a pris la décision radicale de mettre fin au projet le mois dernier. Bill Peebles, en annonçant son départ, a d'ailleurs souligné que ce type de recherche nécessite un espace protégé de la feuille de route principale de l'entreprise pour s'épanouir — un espace qu'OpenAI semble ne plus vouloir (ou pouvoir) offrir.

La science rentre dans le rang

Le département « OpenAI for Science », dirigé par Kevin Weil, subit un sort similaire. Bien que l'équipe ait récemment lancé Prism, une plateforme destinée à accélérer les découvertes scientifiques, et GPT-Rosalind pour la biochimie, le département est officiellement dissous en tant qu'entité autonome. Ses membres seront absorbés par d'autres équipes de recherche plus alignées sur les produits commerciaux.

Le parcours de Kevin Weil au sein de la structure a été marqué par des ambitions très hautes, parfois controversées, comme cette annonce (rapidement supprimée) affirmant que GPT-5 avait résolu des problèmes mathématiques complexes d'Erdős, avant d'être contredite par des experts du domaine. Malgré ces remous, Weil quitte l'entreprise en affirmant que l'accélération de la science restera l'un des héritages les plus positifs de la quête vers l'AGI (Intelligence Artificielle Générale).

Priorité absolue à l'entreprise

Ce ménage de printemps confirme qu'OpenAI n'est plus une simple interface de recherche, mais un géant de la tech en quête de stabilité financière. En abandonnant les projets à haut risque et forte intensité de capital comme la vidéo, l'entreprise recentre ses meilleurs talents sur l'amélioration de GPT-5 et sur ses outils B2B. Cette stratégie vise à sécuriser ses revenus face à une concurrence de plus en plus agressive (Anthropic, Meta, Google) et à prouver aux investisseurs que le modèle économique de l'IA générative peut être pérenne.

Points clés à retenir

  • Départ de Kevin Weil (ex-CPO et Science) et Bill Peebles (Sora).
  • Arrêt définitif de Sora, l'outil vidéo qui coûtait 1 million de dollars par jour.
  • Dissolution du département 'OpenAI for Science' et réintégration de ses équipes.
  • Pivot stratégique vers l'IA d'entreprise et le développement d'une 'super-app'.