Techvendredi 17 avril 2026·Ars Technica
Espace : Vers des lancements électromagnétiques et l'éveil du vol habité européen
Alors que la NASA savoure encore le succès d'Artemis II, l'industrie spatiale mondiale s'accélère. Des innovations de rupture chez Moonshot Space aux nouvelles ambitions de Rocket Lab, ce rapport explore les avancées majeures qui redessinent l'accès à l'orbite et au-delà.

L'Alaska, nouvelle frontière du lancement électromagnétique La startup israélienne Moonshot Space vient de franchir une étape cruciale en signant un accord avec l'Alaska Aerospace Corporation. L'objectif ? Installer un accélérateur électromagnétique géant à Fairbanks. Contrairement aux fusées traditionnelles, ce système utilise l'électricité pour propulser des charges utiles à des vitesses hypersoniques. Si la technologie pose des défis majeurs en termes d'accélération (limitant son usage aux matières premières plutôt qu'aux satellites fragiles), elle promet de révolutionner l'approvisionnement des usines orbitales en réduisant drastiquement la dépendance aux combustibles chimiques.
Rocket Lab : de constructeur de fusées à géant de l'équipement spatial L'entreprise de Peter Beck continue sa mue. Ce mardi, Rocket Lab a dévoilé « Gauss », un propulseur à effet Hall (électrique) alimenté au xénon. Avec une capacité de production de 200 unités par an, Rocket Lab ne se contente plus de lancer des satellites : elle veut fournir les moteurs qui les maintiennent en orbite. Cette intégration verticale permet de lever l'un des principaux goulets d'étranglement pour les opérateurs de constellations de satellites, qui peinaient jusqu'ici à s'approvisionner massivement en systèmes de propulsion fiables.
SpaceX joue les dépanneurs pour la concurrence Samedi dernier, une Falcon 9 a propulsé le vaisseau-cargo Cygnus de Northrop Grumman vers l'ISS, livrant 5 tonnes de matériel scientifique. Cette situation, devenue presque routinière, souligne la domination actuelle de SpaceX. Northrop Grumman, privé de moteurs russes suite au conflit en Ukraine pour sa propre fusée Antares, doit s'appuyer sur son principal concurrent en attendant le développement d'une nouvelle version de son lanceur avec Firefly Aerospace. C’est la quatrième fois que cette alliance de circonstance est nécessaire pour assurer le ravitaillement de la station.
La Chine et l'Europe préparent l'avenir du vol habité Pendant ce temps, la Chine peaufine la Long March 10B. Ce lanceur, dont le test de remplissage suggère un vol imminent, est au cœur de la stratégie de récupération de boosters de Pékin. Contrairement aux tentatives précédentes dans le désert, la Chine prévoit cette fois une récupération en mer via un système de filet.
Enfin, l'Europe montre des signes de réveil sur le front du spatial habité. L'Agence spatiale européenne (ESA) a officiellement ouvert un appel à propositions pour un démonstrateur de système d'abandon de lancement (Launch Abort System). C’est une brique technologique indispensable pour espérer, un jour, envoyer des astronautes européens dans l'espace depuis la Guyane sans dépendre exclusivement des capsules américaines ou russes.
Points clés à retenir
- Moonshot Space installe un accélérateur électromagnétique en Alaska pour des lancements sans carburant.
- Rocket Lab lance 'Gauss', une ligne de production de propulseurs électriques à grande échelle.
- La Chine s'apprête à tester sa fusée réutilisable Long March 10B avec une récupération en mer.
- L'ESA lance officiellement les appels d'offres pour un démonstrateur d'éjection d'urgence pour vols habités.