Mission ExoMars : SpaceX sauvera enfin le rover européen Rosalind Franklin en 2028
Après deux décennies de rebondissements géopolitiques et de budgets sabrés, le rover européen Rosalind Franklin a enfin une date de départ et un transporteur officiel. La NASA a confirmé que SpaceX se chargerait de propulser la mission vers Mars en 2028, mettant fin à une saga d'incertitudes qui a failli coûter la vie au projet à plusieurs reprises.

Le rover de la dernière chance
Le rover européen Rosalind Franklin est sans doute l'un des robots les plus résilients de l'histoire spatiale, avant même d'avoir quitté la Terre. Jeudi dernier, la NASA a officialisé la signature d'un contrat avec SpaceX pour lancer cette mission phare de l'Agence spatiale européenne (ESA) à bord d'une fusée Falcon Heavy, probablement fin 2028. Ce dénouement marque la fin d'une errance logistique de près de vingt-cinq ans pour un projet initialement prévu pour décoller en 2009.
Une odyssée géopolitique mouvementée
L'histoire de ce rover est un véritable miroir des tensions internationales. À l'origine, le projet devait s'appuyer sur des fusées russes Soyouz. En 2009, un premier pivot stratégique lie l'ESA à la NASA, avant que l'administration Obama ne se retire du projet en 2012 pour financer le télescope James Webb. L'Europe s'était alors tournée vers la Russie (Roscosmos), qui devait fournir non seulement le lancement via une fusée Proton, mais aussi la plateforme d'atterrissage.
Tout a basculé en février 2022 avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie. L'ESA a rompu ses liens avec Moscou alors que le rover était quasiment prêt à être expédié sur le pas de tir. Sans lanceur et sans système d'atterrissage (fourni par les Russes), la mission semblait condamnée, jusqu'à ce que les États-Unis n'interviennent à nouveau pour sauver l'expédition.
Un puzzle technologique transatlantique
Pour cette nouvelle mouture de la mission, baptisée ROSA (Rosalind Franklin Support and Augmentation), la répartition des tâches est claire. L'Europe, via Airbus, Thales Alenia Space et OHB, conserve la maîtrise du rover lui-même et du vaisseau de croisière. La NASA, de son côté, prend en charge le "ticket de bus" avec SpaceX, mais apporte aussi des composants critiques : les rétrofusées nécessaires pour se poser en douceur sur le sol martien et des chauffages radio-isotopiques pour protéger l'électronique des nuits glaciales de la planète rouge.
L'enjeu de la survie scientifique
Le rover Rosalind Franklin a une mission unique : forer le sol martien jusqu'à deux mètres de profondeur pour chercher des traces de vie organique ancienne, protégée des radiations de surface. Malgré les tentatives de coupes budgétaires récentes côté américain, le Congrès a maintenu son soutien à ce projet. Pour SpaceX, ce sera probablement la première mission de l'entreprise vers Mars, offrant une vitrine prestigieuse à son lanceur Falcon Heavy. Pour l'ESA, il s'agit de réussir enfin un atterrissage sur Mars, un exploit que l'Europe n'a encore jamais accompli.
Points clés à retenir
- Lancement prévu fin 2028 via une fusée Falcon Heavy de SpaceX depuis la Floride.
- Le projet Rosalind Franklin dure depuis près de 25 ans et a survécu à quatre changements de lanceurs.
- La mission a été sauvée par la NASA après la rupture du partenariat avec l'agence russe Roscosmos en 2022.
- L'Europe fournira le rover et le vaisseau de transport, tandis que les USA fourniront le lanceur et le système de propulsion d'atterrissage.